dimanche 10 mars 2013

SAS - Opération Lucifer, de Gérard de Villiers


L'une des caractéristiques notables de la série SAS est le placement de marque. Dans l'univers de Malko Linge, que l'on se trouve dans un hôtel de Bamako, à la table d'un boui-boui de Belgrade, dans le salon d'un complotiste vénézuélien ou au guichet d'une épicerie de la Havane, une seule marque de champagne français sera toujours servie, mention complète de l'étiquette. Pour le whisky, même combat, la concurrence, en matière d'alcool de qualité, n'existe pas ici.
Dans cet épisode, la pratique pousse le vice à vanter la qualité du produit et surtout, ce qui nuit un peu à la crédibilité de l'histoire, à placer une marque là où on sait ne pas risquer de la trouver. Autant, le champagne ou le whisky récurrent de SAS, même dans les endroits les plus improbables, ça ne choque pas trop, ce sont des marques internationalement connues ;  mais imposer à tous les fumeurs de cette histoire, qu'ils vivent en Ukraine ou aux Etats-Unis, qu'ils soient patrons de discothèque à Little Odessa ou trafiquants d'armes, anciens du KGB à Kiev, les obliger donc à ne fumer que de pauvres Gauloises blondes, là, c'est un peu plus dur à avaler.
On sourit. C'est un détail.
L'histoire commence comme un X-files et se poursuit comme 24-heures chrono : Malko Linge doit déjouer un vaste attentat au gaz sarin. Le compte à rebours est lancé, les pistes sont maigres et les suspects sont éliminés avant que notre héros ait le temps de les faire parler. Le récit file très vite et le suspense est habilement maintenu, avec quelques moments d'ultra-violence qui feront trembler notre SAS, pourtant pas un tendre.
Nous sommes en 1996, l'URSS n'est plus depuis seulement 5 ans, le terme oligarque ne s'est pas encore démocratisé mais nous assistons à sa turbulente gestation.

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Opération Lucifer, Gérard de Villiers, 1996, 253 pages.

2 commentaires:

  1. Ce qui est amusant, c'est que les contrats ne portaient pas que sur SAS. À cette époque, 1996, le héros de la série Brigade mondaine (dont j'ai écrit une bonne centaine de titres) s'était mis, lui aussi, à fumer des Gauloises blondes…

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    Réponses
    1. Il est heureux que la manne publicitaire se soit tarie.

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